Chez Mazda, le moteur rotatif n’est pas qu’un héritage technique, mais un vrai marqueur identitaire. Depuis l’arrêt de la RX-8 en 2012, le constructeur japonais n’a pourtant cessé de remettre l’architecture Wankel sur le devant de la scène, mais sans jamais franchir le pas de la production. Taiki en 2007, RX-Vision en 2015, Iconic SP en 2023 : la chronologie est régulière, comme un rappel périodique pour montrer que l’idée n’a jamais vraiment été enterrée.
Officiellement, ces concepts servent à tester la réaction du public. Officieusement, leur répétition dit autre chose : en interne, la tentation de faire renaître une véritable sportive à moteur rotatif reste bien vivante. Malgré un environnement industriel devenu infiniment plus complexe et des contraintes d’émissions de CO2 drastiques, l’option continue donc d’être étudiée, preuve que le projet dépasse le simple exercice de style.
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Une ferveur non assumée
Dans un entretien accordé à AutoExpress, Moritz Oswald, responsable de la planification produits de Mazda Europe, reconnaît que la demande dépasse largement le cercle des passionnés. Selon lui, le nombre d’enthousiastes au sein même de l’entreprise est « insensé ». Un aveu surprenant, mais qui éclaire différemment la stratégie du constructeur.
Mazda cultive depuis longtemps cette singularité : laisser beaucoup de place aux ingénieurs et aux designers dans les décisions produits. Cette culture explique en partie pourquoi l’idée d’une sportive emblématique et à moteur rotatif n’a jamais été définitivement écartée. Oswald reste toutefois prudent : aucune échéance n’est fixée et aucun feu vert n’a été donné. Le projet existe, mais il demeure conditionnel à un équilibre économique. Belle intention, mais aujourd’hui cela semble toutefois difficile à atteindre...
Le mur économique pour les sportives
L’âpreté de la réalité économique est encore plus dure pour Mazda qui reste un acteur de taille modeste face aux géants mondiaux. Et aujourd’hui, tout le monde sait que les sportives ne représentent plus un volume suffisant pour justifier des investissements lourds. Même la MX-5, pourtant très accessible, ne réalise pas des chiffres de ventes extraordinaires.
Christian Schultze, directeur R&D de Mazda Europe, l’admet sans détour dans le même entretien : le prix est l’obstacle majeur. Concevoir une sportive crédible autour de 100.000 dollars (environ 85.000 euros) est techniquement envisageable. Mais proposer un modèle cohérent avec l’image et la clientèle Mazda l’est beaucoup moins. Or, une voiture emblématique qui ne trouverait pas son public affaiblirait plus la marque qu’elle ne la renforcerait.
L’Iconic SP, proche du réel ?
Paradoxalement, le dernier concept Iconic SP semble plus que jamais abouti. Il affiche des proportions réalistes, une architecture crédible et une mise au point qui suggère une industrialisation possible. Le patron du design Mazda, Masashi Nakayama, l’a confirmé en 2024 : ce projet a été pensé avec une intention claire de production à moyen terme.
Mais le contexte a changé. L’essentiel des ressources est aujourd’hui dirigé vers les SUV, véritables piliers financiers de la marque ainsi que vers les technologies d’électrification pour lesquelles Mazda a pris du retard et qui sont incontournables en Europe et en Chine. On voit donc mal comment un modèle à moteur rotatif pourrait revenir. Cela dit, il ne faut douter de rien. Parfois, les ingénieurs sont capables de choses étonnantes. Et on ne demande qu’à être surpris.
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